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ÉMERGENCES 2012 |
Vingt-cinq ans de jazz au Petit faucheux… L’histoire d’une passion partagée, l’histoire aussi d’une patience, d’une exigence, d’une éthique, l’histoire finalement d’une volonté clamée haut et fort : le jazz et la musique improvisée sont outrageusement vivants et il faut que cela se sache et s’entende ! Vingt-cinq années durant lesquelles on a pris ici le parti de l’engagement créatif contre la mollassonne uniformisation du goût, le pari de faire connaître le jazz d’aujourd’hui et les musiques qui s’en réclament, s’en inspirent et s’en nourrissent. Vingt-cinq années d’inlassables activités – d’activisme souvent – qui peuvent être lues comme une manière d’inventaire modeste de la création jazzistique de cette période, inventaire bien entendu incomplet, forcément partiel, inévitablement partial (au sens de choix affirmé et revendiqué, jusque dans les ratages). Aujourd’hui encore, on ne vient pas au Petit faucheux en rangs serrés satisfaire au culte cérémoniel dans le fourré des petites chapelles, faire triomphe au connu, au reconnu, au convenu, on ne vient pas se bousculer pour applaudir l’affiche, l’intitulé, le contenant, l’apparence, le déjà-vu rassurant. On vient simplement écouter de la musique singulière et inventive, parfois prodigieuse et inouïe, et partager le bonheur rare d’approcher des musiciens et des êtres humains remarquables (Mal Waldron, Kenny Barron, Abbey Lincoln, Steve Lacy, Daunik Lazro, Joëlle Léandre, Charles Gayle, Dave Liebman parmi cent autres dont quelques-uns se retrouveront sur les scènes anniversaires de ce mois de novembre). On se réjouira au bout du compte de constater que, sans les fécondités créatives de cette abondance de concerts, ce serait un peu moins d’heures de bonheur que ces vingt-cinq années-là eussent permis de goûter. Et ce n’est pas prêt de s’arrêter : rendez-vous dans vingt-cinq ans ! Bernard Aimé |




