Portraits : six anciens élèves de Jazz à Tours devenus musiciens professionnels

D'Ibrahim Maalouf (victoire de la musique 2014), en passant par Gregory Porter, de nombreux musiciens ont intégré à leur équipe d’anciens élèves de Jazz à Tours ; et plus récemment de nombreux musiciens et projets issus de l’école on fait parler d’eux au national. 

Avec plus d’une centaine de musiciens intégrant les formations professionnelles chaque année, Jazz à Tours est l’un des plus importants centres de formation pour les musiques actuelles en France. Ces étudiants viennent de toutes les régions de France, parfois de l’étranger pour apprendre les compétences et les outils nécessaires pour faire de leur passion un métier. Loin de tout formatage et de toute standardisation, Jazz à Tours se réjouit d’être composée de musiciens aux styles différents, aux personnalités variées et aux talents multiples.

Ci-dessous quelques portraits croisés d'anciens élèves de la formation Artiste Musicien Professionnel et du DEM jazz.

Guillemette

Antoine Guillemette, de Groove Catchers à Ibrahim Maalouf

Originaire de Normandie, Antoine a découvert le Centre-Val de Loire en arrivant à Jazz à Tours, où il suit une prépa et une formation le menant au DEM jazz. Malgré le fait qu’il n’obtient pas son diplôme, il se lance et monte le groupe Groove Catchers. Il s’installe à Paris et commence à peaufiner son réseau. Groove Catchers remporte des tremplins et enchaîne les dates. Son expérience l’a mené aussi à accompagner l’artiste Ibrahim Maalouf en tournée. Il témoigne : « C’est aussi sympa de jouer devant 50.000 personnes que devant 30 personnes dans un bar de campagne, c’est juste différent ! ». Antoine vient de monter son propre groupe, Sagunn, pour lequel il compose et crée de A à Z.

 

Ciechelski

Léa Ciechelski, entre Kaplaa et l’Orchestre National de Jazz

Flûtiste et saxophoniste, Léa a suivi un parcours compet à Jazz à Tours, du MIMA au DEM jazz. Cette Loirétaine d’origine mène de fronts plusieurs projets, parmi lesquels un quintet nommé Kaplaa, le groupe Prospectus, et le trio Cartoon Saloon. Tentée d'abord par des études supérieures, elle décide finalement de se consacrer au travail en groupe, à l'écriture, et à la scène. On la retrouve ainsi dans l’Orchestre National de Jazz des Jeunes (et parfois dans l'ONJ), et dans le Surnatural Orchestra. Depuis novembre 2019, elle bénéficie du régime de l’intermittence. « J’ai toujours eu envie de bouger, de rencontrer des personnes intéressantes aux inspirations différentes des miennes, et de partager et construire avec elles… », explique la jeune femme, « le tout en restant basée à Tours ». 

 

Declercq

Martin Declercq, fanfares jazz et Gregory Porter

Martin est trompettiste de formation, il sait aussi jouer du trombone et du piano. « J’ai fait une prépa Mima, suivi du DEM », raconte Martin, qui avait effectué un parcours en conservatoire auparavant. À la sortie de Jazz à Tours, le musicien a emménagé à Paris afin de donner plus de chances à sa carrière. « Finalement, la majorité des projets qui ont émergé viennent de Tours », a constaté le jeune homme. Actuellement, le professionnel est titulaire dans une fanfare de jazz de la Nouvelle Orléans et participe à une dizaine d’autres projets. Martin a notamment eu l’occasion d’accompagner l’artiste Gregory Porter sur des grosses scènes telles que l’Olympia.

 

Buffaud

Simon Buffaud, des groupes de jazz aux tournées avec Trois cafés gourmands

Simon est contrebassiste et bassiste. À la suite de quatre années passées à Jazz à Tours (et après avoir obtenu son DEM), le musicien a souhaité se « diversifier le plus possible. J’ai monté plein de projets, avec la dynamique du réseau créé à Jazz à Tours, tout est allé extrêmement vite », explique celui qui n’a pas tardé à obtenir son intermittence. En 2019, le professionnel a mis en pause ses projets artistiques afin de partir sur les routes avec le groupe Trois cafés gourmands. « On a fait 86 dates, c’était inespéré de jouer sur des grosses scènes comme celles que l’on a fait, dont l’Olympia », poursuit-il. Après cette expérience, Simon espère se consacrer davantage à ses groupes (51 shots, Little Rina et Desmos) ou bien repartir en tournée, mais pour une esthétique toute autre. « J’aime expérimenter des styles de musique très différents », témoigne le musicien. « C’est d’ailleurs un éclectisme qui est cultivé et respecté à Jazz à Tours, caractéristique rare pour une école de musique ».

 

Hu

Yurie Hu, Yacht Club, La Battue

Yurie est violoniste de formation, elle est aussi chanteuse et pianiste. Originaire de Corée, la musicienne a rejoint Jazz à Tours pour s’y former, afin d’obtenir son DEM. En sortie d’école, Yurie développait alors un duo mais n’a pas poursuivi le développement du projet. « Ce n’est pas facile de savoir comment s’y prendre juste après la formation, heureusement que nous avons notre réseau de l’école pour rebondir et trouver des opportunités », explique-t-elle. Yurie, intermittente depuis quatre ans, s’est depuis installée à Rennes et officie dans trois projets qui naviguent entre pop, rock et noise : Yacht Club, La Battue et Comme dans Il fait beau.

 

Pedler

Valentin Pedler, guitariste dans Thé Vanille et artiste touche-à-tout

Guitariste de 28 ans, Valentin joue aussi du synthétiseur et est musicien dans plusieurs projets, parmi lesquels le groupe Thé Vanille, qu’il développe particulièrement depuis quelques années. Celui qui est sorti de Jazz à Tours avec le diplôme du MIMA est à présent intermittent. « Ça m’est tombé dessus, je n’avais pas pour objectif de développer un projet et d’en vivre », explique le musicien. Ce lauréat de l’incubateur Jump (qui impulse la collaborateur entre jeunes artistes locaux dont Jazz à Tours est partenaire), spécialiste du « do it yourself » a l’ambition de monter un label. Il s’explique : « J’aimerais avoir cette liberté de la production ».

 

Ces portraits sont tirés de l'étude sur l'insertion des stagiaires de la formation professionnelle, éditée en décembre 2020.